Incipit

Séquence 3 : L'autobiographie


Objet d'étude : Les Confessions, Rousseau.
Incipit (ou préambule). Ligne 20 à 45.

 L'épigraphe "intus et in cute" nous montre la totale sincérité de son projet.
 Eclaire le lecteur sur ses intentions, et nous convainc du bien-fondé de son autobiographie.
 Rousseau emprunte à St Auguste le titre de l'½uvre.
 Rousseau se considère comme un martyr.



Plan :

I) Le projet autobiographique
II) Un véritable défi au genre humain


I) Le projet autobiographique

a) L'omniprésence du "moi"

 L'autobiographie se présente comme la restitution pure, naturelle de sa personnalité.
 Rousseau se donne même le regard de Dieu.
 24 fois "je"
 8 fois "moi", "me"
 On peut parler d'égocentrisme.
 Son projet est didactique, il vise à édifier les hommes.
 Il faut distinguer le "moi" écrivain, et le "moi" intemporel de l'homme, Rousseau.
 Dans le récit, l'artiste, l'auteur ne va pas cesser de défendre par son talent, sa technique du discours, l'homme qui vient se confesser devant nous, et même l'homme qui vient se confesser aux yeux de Dieu.
 La question est de savoir si l'adulte narrateur ne va pas reconstituer ou même inventer le "moi" biographique.

b) L'engagement de la sincérité

 Pour Rousseau, le livre est nécessairement transparent : juger le livre, c'est juger l'homme.
 Il veut faire connaître à la société, son être intérieur.
 Il va dévoiler sa bonté, son innocence due à la nature.
 On va découvrir ses actes, ses pensées, le bien, le mal qu'il a fait mais aussi ses actes sublimes, le tout venant déboucher sur l'être même.
 Pour lui, le fait d'avouer une faute l'innocente, et pour être témoin de sa sincérité, il convint Dieu.
 Il est sûr de lui, sans remords.
 "Mon livre est vrai" : on ne peut rien lui reprocher.

II) Un défi au genre humain

a) Le défi aux écrivains passés et à venir.

 1er défi : 1ère phrase : Pas d'imitateur. La réalité montre que Rousseau se trompe totalement. Les tournures rhétoriques qu'il emploie renforcent son affirmation "n'eut jamais", "n'aura point", "jamais d'exemple", "point d'imitateur"...

b) Le défi à chacun

 l. 5, 6 : il affirme sa différence.
 Il se pose comme unique.
 Phrases nettes, structurées.
 Il se singularise parce que le personnage lui-même qui raconte les confessions est unique, parce que l'½uvre est unique.

c) Le défi à l'espèce humaine toute entière

 Le 3ème § pousse le défi à la provocation.
 Il organise une sorte de procès triomphal où d'accusé il va devenir accusateur.
 Les guillemets entraînent une double personnalité.
 Il devient l'avocat de son "moi".
 Il va le défendre "hautement".
 C'est un plaidoyer.
 Il veut être objectif pourtant : 2 adjectifs pour le "mal", 3 pour le "bien".
 Il veut que "ses semblables" soient honteux de ces confessions.
 Le portrait que présente Rousseau est un miroir où chacun doit se reconnaître.
 La honte change de camp.
 Tout le monde est coupable au même titre que lui.
 Rousseau se sent gagnant sur le plan de la sincérité.
 Il est convaincu d'être sincère.
 Fin théâtrale : il défie l'humanité.
 Personne n'est exempt de faiblesses humaines.
 "Je ne suis pas pire que les autres".
 Cette mise en scène s'inspire de l'épisode de la femme adultère dans l'évangile : "Que celui d'entre vous qui n'a jamais pêché lui jette la première pierre, et tous s'en vont l'un après l'autre n'osant plus la condamner". Cette manière convint les gens et réduit au silence ses adversaires.


Conclusion :

Ce préambule a un caractère surprenant, extraordinaire. Son projet autobiographique nous est ici donné et il servira d'exemple à d'autres imitateurs.

• Circonstances de la rédaction des Confessions :

 Rousseau est obsédé par la hantise d'un complot monté contre lui.
 La nouvelle Héloïse a eu un énorme succès et c'est à partir de ce moment qu'il va devenir paranoïaque.
 Il est persuadé que tout le monde lui en veut.
 Les 2 livres qu'il écrira à la suite (L'Émile ou l'éducation et profession de foi du vicaire savoyard) seront censurés.
 Il est menacé d'arrestation et fuit en Suisse où il fera une ébauche des Confessions.
 En 1764, Voltaire dans un Pamphlet (critique) lui reproche d'avoir abandonné ses 5 enfants à l'assistance publique.
 Ce geste, Rousseau va le regretter et même son aide à Thérèse Levasseur va lui faire ressentir des remords.
 Cette accusation va précipiter l'écriture des 4 premiers livres des Confessions.
 A la fin des 4 livres, il fait une conclusion provisoire dans laquelle il dit qu'il faut qu'on s'intéresse à ces livres comme une ensemble autonome.

# Posté le vendredi 27 février 2009 13:17

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Objet d'étude : Les Confessions, Rousseau. Ligne 418 à 443.


 De 1722 à 1724, Rousseau est en pension à Bossey chez un pasteur.
 C'est une période de bonheur pour lui car il est auprès de son cousin.
 Il vit une vie simple en pleine nature, il ouvre son c½ur à l'amitié.
 Il a des sentiments "tendres", "affectueux".
 Cette enfance va modeler son caractère.
 Ce "paradis enfantin" va être brisé par deux "fessées" qui sont données par Mlle Lambercier.
 La 1ère est pour l'enfant, il l'a mérité.
 Il va trouver un plaisir à cette fessée et elles vont augmenter son affection pour Mlle Lambercier.
 Dans la douleur, il trouve de la sensualité.
 Il a brisé les dents d'un peigne appartenant à Mlle Lambercier => il se heurte à l'injustice car il n'a en fait rien fait.
 Cette punition l'a marqué toute sa vie.



Plan :

I) La fessée, une étape déterminante dans la vie de Rousseau.
II) L'aveu et le plaidoyer.


Le style chez Rousseau est toujours le même. Il passe de l'anecdote à l'analyse de son "moi" profond.


I) La fessée, une étape déterminante dans la vie de Rousseau.

 Ce passage a choqué et choque toujours car Rousseau développe une expérience très intime.
 Ses désirs érotiques remonteraient à ça selon lui.

a) La sensualité.

 On n'est pas dans un roman libertin, sadique.
 Les effets de la fessée sont simplement suggérés.
 Euphémisme utilisé.
 L'auteur analyse avec beaucoup de clairvoyance son ardente sensualité, l'éveil de sa sexualité.
 Champ lexical du désir : "sens", "désir", "sang", "sensualité", "dévoré"...
 Métaphore filée du feu avec "allumée", "brûlant", "ardent"...
 2 caractéristiques évoquées à chaque fois que Rousseau fait la connaissance d'une femme : - la sensualité qui s'exprime par le regard => "je dévorais d'un ½il ardent les belles personnes" – il commence à fantasmer, il se livre avec délice au délire de son imagination.
 Allitération en "s" dans la phrase "avec un sang..." l. 18, 19.

b) Une expérience décisive.

 Utilisation du passé simple, imparfait. (Temps typique du récit.)
 Utilisation du passé composé lors de la réflexion (rapport cause à effet irréversible.) Il permet à Rousseau de se confier.
 Expressions "enfant" et "grand garçon" => passage de l'enfance à l'âge adulte.
 Rousseau marque avec beaucoup de lucidité son passage de l'enfance à l'âge adulte.
 Il découvre l'hypocrisie des adultes.
 On fait coucher les enfants dans une autre chambre suite à cet évènement.
 "On" marque l'hypocrisie.
 Décalage temporaire qui montre que Rousseau n'est pas dupe.

II) L'aveu et le plaidoyer.

a) Une confession.

 On a ici une confession perspicace puisqu'il constate que cette fessée a transformé le cours naturel des choses.
 Il va opposer nature et culture.
 Il dénonce certaines pratiques éducatives.
 Juxtaposition des propositions qui souligne la métamorphose de son être.
 Il a gardé de cet épisode un goût pour le sado-masochisme.
 Rousseau est frustré, et selon lui cet épisode va déterminer sa sexualité et son rapport avec les autres.
 Dans la dernière phrase on voit qu'il est obsédé.
 Apparition de l'abandon.
 Son obsession de l'abandon peut s'expliquer avec ses relations difficiles avec les autres.
 Mlle Lambercier joue le rôle de mère.
 Elle lui fait comprendre les méfaits de l'inceste et lui fait découvrir un plaisir particulier donc il va en garder la nostalgie.
 Rousseau a une manie de la persécution.

b) Le rôle ambigu de l'écriture de soi.

 Le passage est ambigu parce que Rousseau découvre en même temps le sexe, la sensualité et la conscience morale.
 Il avoue sa faute mais sur le mode de la dénégation => "sans qu'il y eut de ma faute"
 Rousseau se fait le laudateur (faire l'éloge) de l'innocence, de la nature, de la transparence mais il découvre en lui des éléments opaques inclassables comme ses pulsions sexuelles, son imagination, cette faculté de l'illusion.
 Il cherche à se justifier.
 En voulant tout dire, il va mettre en évidence les contradictions qui sont en lui.
 Cet humour est un moyen de se mettre dans la poche le lecteur.


Conclusion :

Cette page est célèbre car sulfureuse, originale. Il fait par tâtonnements successifs afin de remonter aux origines de son "moi". Il souligne l'importance d'un tel évènement pour un adolescent. (Il a 11 ans.) L'autobiographie, c'est la découverte de soi, faite de moments forts qui marque, d'évènements.

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# Posté le vendredi 27 février 2009 13:17

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Objet d'étude : Aloysius Bertrand, Gaspard de la nuit. La viole de Gamba.

 La viole est une sorte de guitare, de lute : un instrument baroque.
 Un des thèmes ici :
- La commedia dell' ARTE : Au XVIIIème siècle on l'a complètement oublié mais à l'époque romantique elle devient un thème littéraire. C'est le mime de Deburau qui va ressusciter le personnage de Pierrot et va le transformer dans ses pantomimes en personnage romantique, lunaire.

Ce poème est en prose, publié en 1842 à titre posthume. C'est une ½uvre étrange par son inspiration et par sa forme.
Ce recueil se compose de 6 livres très structurés. Chaque texte propose plusieurs particularités typographiques.
Il exige un jeu de blancs et de doubles blancs entre les couplets => c'est une manière de mettre en relief une organisation interne très savante qui joue à la fois sur le lexique, sur l'énonciation, la cohérence logique tout en laissant libre l'imagination, le rêve et l'inventivité des lecteurs.

 A. Bertrand s'est inspiré d'un univers médiéval mais aussi de la peinture et de la musique, de l'histoire, des croyances...
 L'½uvre porte comme sous-titre "fantaisies à la manière de Rembrandt et de Jacques Callot".
 La viole de Gamba est le 7ème texte du livre I => "Ecoles Flamandes"
 Ce poème est composé de 5 couplets séparés soit de blancs, soit d'étoiles.
 Le texte est précédé de deux épigraphes. L'un est emprunté à "Onuphrius" (récit fantastique) l'autre à une chanson populaire. Ces deux épigraphes font référence au personnage de Pierrot.
 Inspiré semble-t-il par un instrument, le poème est l'évocation d'une scène de la Commedia Dell' ARTE.
 On a un texte narratif avec un passage au style direct.

Plan :

I) La structure du texte.
II) La fantaisie centrale.



I) La structure du texte.

a) Les 2 épigraphes et le titre.

 C'est déconcertant car on essaye de chercher un lieu entre le titre et ces 2 épigraphes.
 Pierrot est présent avec le mime de Deburau et avec le mot "paillasse" qui est un personnage de Commedia.
 Théâtre, musique, spectacle encadre le texte.
 Champ lexical de la musique : "bourdonnante", "viole", "luthier"... + Champ lexical théâtre : "lazzis", "roulades", "comédie italienne"...
 Le rapprochement titre épigraphe texte conduit à penser que le poète met une évocation née de la musique sous le signe du théâtre italien, de la chanson populaire tout en rendant hommage à 2 de ses contemporains.
 A.B attire le lecteur sur 4 modes d'expressions : la musique, le théâtre, la chanson, la poésie.
 Dans ce cas, la musique fait naître le théâtre mettant en scène des personnes populaires et la poésie raconte l'ensemble sous une forme insolite.

b) La disposition typographique.

 Typographie équilibrée => *
 Cette hypothèse de l'équilibre est consolidée par le fait que les 3§ du centre sont reliés de manière chronologique "d'abord", "et", "mais"...

c) La répartition lexicale.

 Les couplets 1 et 5 sont reliés par la musique.
 Ces deux couplets servent d'introduction et de conclusion.
 La musique fait naître le théâtre.
 Dans le couplet 5, il n'est plus question de théâtre et on peut penser que : couplet 1 => entrée en scène comédiens et couplet 5 : chute.


II) La fantaisie centrale.

a) Les personnages centraux.

 Personnages de Commedia : Barbara, Pierrot, Arlequin, Colombine, et d'autres désignés par des fonctions "le traître", "la jeune fille", "le vieux"...
 Ces personnages sont évoqués dans des comportements conventionnels. Exemple : Pierrot => imbécile, maladroit ; Colombine : moquerie ; Arlequin : farce...

b) Une scène de comédie.

 Succession d'entrées sur scène, et d'actions.
 Verbes d'actions à l'infinitif.
 Utilisation imparfait.
 Enchaînement rapide.
 Le rapport entre Pierrot et Arlequin est un exemple parfait de ces actions/réactions.
 Il y a un jeu entre l'intérieur et l'extérieur. On laisse libre court à l'imagination du lecteur.
 On peut remarquer que chaque épisode est rythmé par la longueur et la structure de la phrase.
 2ème couplet : une seule phrase, 3 éléments.
 3ème couplet : idem.

c) La relation comédie/musique.

 La logique de l'imaginaire prend le dessus sur la musique religieuse du début, sur ce qu'on pensait avoir.
 Dialogue entre instrumentaliste et sa viole.
 Oniphrius est l'histoire d'un peintre se faisant poursuivre par un diable => amène un aspect fantastique.
 Espèce de mise en abyme.
 C'est l'écriture d'une fantaisie. A la fois une vision, à la fois une pièce de théâtre, à la fois une chimère.
 1er couplet : relation musique/théâtre. "Le maître de chapelle" <= Musique / "Gargouillement burlesque de lazzi" <= Théâtre.
 Le fil conducteur entre tous les éléments est la musique de la viole.
 Personnage de Pierrot présent dans les épigraphes et dans le récit encadré.
 Ce personnage est proche de la Commedia "imbécile", "maladroit", "sourire jusqu'aux oreilles"...


III) En quoi est-ce un poème en prose.

 Fantaisie verbale et musicale => jeux sur les sonorités.
 Allitération en "r" dominante.
 Assonance en "a".
 Rythme des § : longueur des phrases, ponctuation...
 Le vocabulaire familier "derrière", "viédase" semble ôter tout effet poétique.
 Composition musicale => lyrisme
 Parallélisme, sonorité, glissement des sons, oxymore.


Conclusion : Ce poème présente la double caractéristique paradoxale de dérouter tout en créant une familiarité. Le lecteur est au départ déconcerté pourtant peu à peu, il s'aperçoit que c'est un monde qu'il connaît, à la fois simple et complexe. C'est une fantaisie avec => romantisme.
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# Posté le samedi 28 février 2009 04:33

yhey

Objet d'étude : La religieuse, Diderot.


=> Au XVIII ° siècle la femme est encore en enfance, et dépend étroitement de sa famille, d'abord du père puis du mari. A de rares exceptions, elles n'ont aucune autonomie. Elles ne choisissent pas leurs destins, réglé par leur mères, pères, maris et par la société. La religion est présentée comme un garons dans l'ordre familial. Les femmes ont aussi une autorité institutionnelle avec la religion.
Dans la religieuse, publié en 1760, Diderot veut prouver que l'enfermement des femmes entre elles, est contre nature et produit des monstres, déshumanise la femme.

=> L'extrait choisit, montre Suzanne dans le deuxième couvent : Longchamps.


Plan :

I) Le récit d'une descente en enfer.
II) La critique des couvents.


I) Le récit d'une descente en enfer.

a) Une narratrice.

=> Utilisation du « je ».
=> Le point de vue est interne. C'est presque un journal intime.
=> Discours directe : « Donne tes papiers »
=> Discours indirecte : « Elle m'annoncèrent qu'elle »
=> Alternance entre récit et discours.
=> La souffrance de Suzanne est verbalisé, elle crie : « je poussais des cris affreux », « je criais », « j'appelais au secours », « je hurlai comme une bête féroce » s'oppose au silence du couvent.
« Je suppliais » = « on me refusa », « je poussais des cris affreux » = « on avait sonné la cloche ». Il y a un contraste avec le mutisme de ses tortionnaires. Personne de n'écoute, il n'y a aucun discours direct pour les s½urs. Ses cris se perdent dans le couvent qui étouffe sa résistance.

Malaise rendu par le lieu. C'est un couvent, un lieu de clos qui se referme dans le sous-sol, une cave.
« à travers les corridors » = « en bas des escaliers » = « un petit lieu souterrain obscur ». Il y a une notion d'enfermement accentuée par le verbe ouvrir : « ouvrit ».

On enferme Suzanne dans ce qui ressemble a une tombe, une prison : « morceau de pain noir », « cruche d'eau », « vaisseaux nécessaires et grossiers » « une tête de mort » « crucifix ». C'est un lieu malsain « demis pourrie » « humidité ».
On dirait un tableau religieux. Le tableau de Saints et de vanité.

L'interrogatoire, la violence, l'enfermement et la libération de la victime sont des caractéristiques de victimes traditionnelles gothiques.

B. Une héroïne torturé physiquement.


On à ici la torture d'une sorcière. Tribunaux d'inquisition (contre la religion). La narratrice est diabolisé comme le rappel les expressions : « on croit aisément le mal » « disposé de cette créature » « je sens que je me perd ».

On lui en lève le portrait comme s'il était le signe du malin alors que c'est sa mère supérieure
Déchaînement de la violence avec l'accumulation de verbe : « hurlai » « frappais » ...

Souffrances physiques des mauvais traitements : « pieds ensanglantés » « jambes meurtries » ...
On lui donne du pain noir, la natte est humide et à moitié pourrie.
Les verbes : « arracha » « dépouilla « jeta » (2), « traînait » et le complément d'objet « me », montre qu'elle subit.
Son mauvais traitement est suivit par son enfermement : « enfermement » « grosses clefs » « petit lieu souterrain » est une périphrase qui définit un cachot.
La régression des lieux (« escalier » « souterrain » « natte ») fait penser à un labyrinthe ou même à un intestin ce qui réduit Suzanne sous la forme d'un déchet.

C. une héroïne déshumanisée

Il y a une déshumanisation des bourreaux. Ils n'ont pas d'individualité, ils ne sont réduits qu'à des voix, et à des gestes de tortures.
L'utilisation du « ont » indéfini et du « nous » renforce se manque d'individualité.
La seule religieuse identifiée : « une de mes exécutrices » est réduite à une fonction qui détient une connotation meurtrière.

Il y a également une torture morale qui vise à rendre Suzanne animal. On veut lui rendre son animalité.
Elle se fait humilier lorsque qu'on lui déshabille la tête, les pieds et les voiles « sans pudeur ».
On lui enlève aussi son seul soutient psychologique avec le portrait de son ancienne mère supérieure. Puis on l'habille d'un sac, on la traîne. Elle se retrouve jeté à terre comme un animal. Se traitement marche, elle devient enragée « comme une bête féroce », et arrache ses vêtements avec ses dents. Elle hurle et pousse des cris. Comme une bête emprisonnée, comme un démon.
De plus les chiffres du diable sont présent dans le texte parce qu'il y à trois religieuses, « troisième jours », « neuf heures du soir ». Suzanne devient une démone.

Les religieuses font un travail de déstabilisation. La violence succède à la bonté : « elle me faisait grâce ». On ne sait pas se que veut la mère supérieure, c'est une perverse, rien n'est explicité : « ce n'est pas là se serment que je veut », « voyez ».
« Obéissez à votre supérieure » est un ordre de soumission mais elle ne comprend pas cet ordre « je ne sais pas ce que l'on me demande ». Elle ne comprend pas, mais la torture morale fonctionne.
Il y a des éléments du thème pictural des vanités « crucifix » « tête de mort » qui rappel à Suzanne qu'elle n'est rien et qu'elle sera détruite un jour.


II. Une critique des couvents.
A. Le choix du registre pathétique.

Le registre pathétique invoque la pitié. La voix de Suzanne s'adresse à la sensibilité, et provoque la pitié du lecteur. C'est une scène théâtrale proche du mélodrame. Mais cette scène fait aussi appel à la raison, puisque le lecteur découvre que l'enfermement des femmes dans un couvent à des conséquences dramatiques. Le monde conventuel, entraîne la dégradation de la nature humaine. L'oisiveté, l'inutilité sociale, la promiscuité, la violence plonge peu à peu Suzanne dans la folie le suicide.
Diderot critique le couvent mais non pas la religion. D'ailleurs il ne place pas sa critique dans la bouche de la narratrice. C'est une héroïne naïve, dénuée de méchanceté. Suzanne est la représentation de la victime innocente.
Les souffrances suscitent la sympathie du lecteur.

Il y a des procédés pathétiques. La fureur des religieuses est en opposition à la douceur de suzanne. Attitude mélodramatique de Suzanne « faites de moi ce qu'il vous plaira » « j'invoquais le ciel » « j'étais à terre » (antiphrase ironique). Il y a aussi une ellipse narrative : « le troisième jour ».

B. une critique de l'institution conventuelle

Il y a une hiérarchie « une supérieure » qui donne des ordres « je veux ». C'est la volonté d'un seul. Il y à de nombreux impératifs et tous doivent se plier à son autorité, les autres doivent la vénérer. Elles ne servent plus dieu mais la hiérarchie.
D'ailleurs, elles s'inquiètent des papiers pour « l'archevêque », « le vicaire », mais ne froissent pas dieu. Il y a un mépris de la volonté individuelle, de l'humain.
C'est une prison au lieu d'un lieu d'amour et de prières. Il y a un langage hypocoristique, avec le style indirect et le « que ».

De plus Suzanne est nue ce qui est contraire au couvent. Il y a un désordre qui ne va pas avec l'ordre du silence. On l'a pousse au suicide alors que c'est un pêché dans la religion chrétienne.
Ceci est renforcé par le contraste entre la situation est l'appellation des personnages « chère mère » « soeur » : ironie.
Suzanne dans la bible est le symbole de l'innocence calomniée
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# Posté le samedi 28 février 2009 05:52

gzt

Objet d'étude : Jacques le fataliste et son maître, Diderot



=> Difficile à daté; l'½uvre a été déjà reprise, remaniée. Publié en 1778.
=> Diderot se posait des questions sur comment fabriquer un roman. Sur les problèmes d'écriture littéraire.
=> Problème de la c½xistence du déterminisme matérialiste et la liberté.
=> Le point de départ est sûrement inspiré d'un roman anglais de Sterne Tristan Shandy qui est l'histoire d'un soldat blessé qui raconte l'origine de sa blessure.
=> A partir de cette trame Diderot construit un récit de manière très libre parce qu'il va y avoir des tas d'histoires.
=> L'incipit est déroutant pour le lecteur qui se retrouve jeté dans l'histoire déjà commencé, et le narrateur refuse de préciser les circonstances.
=> Il a du style théâtral.
=> On a du mal à savoir qui sont les différents narrateurs, et qui est le héro. Le narrateur nargue le lecteur et semble souligner que nous sommes dépendant de lui.

Plan :

I) Une entrée en matière originale
II) Les éléments d'un récit traditionnel
III) Une réflexion philosophique et romanesque



I) Une entrée en matière originale

a) Un narrateur déconcertant

=> Le narrateur ne donne pas volontairement des détails importants pour l'histoire (personnage, où, et quand). C'est un narrateur coquin.
=> Il y a des questions rhétoriques sur l'identité, l'origine du déplacement, circonstances, où vont-ils, la destination et de quoi ils partent.
=> Les questions que se pose tout lecteur de roman, mais là c'est le narrateur qui les posent. Ses réponses ne comblent pas le lecteur. Il se moque de nous.
=> La première réponses qu'il nous donne souligne le conformisme des rencontres. La deuxième est une question qui réfute la curiosité du lecteur. Il répond de manière insolente.
=> La troisième ne répond pas et n'apporte aucune repose comme la quatrième. Il semble souligner que le lecteur est stupide et déplacé.
=> La dernière apporte une réponse : Ils parlent de fatalité. La réponse est une cascade du discours indirecte.
=> L'expression de la toute puissance. C'est un créateur tout puissant insolant, provocateur avec une attitude narquoise lorsqu'il utilise le conditionnel « il ne tiendrait qu'à moi », il fait se qu'il veut et interpelle le lecteur « vous voyez lecteur ». Il détient les fils du récit.
=> Romanesque « marier le maître ... faire des contes » suggère tout se qu'il peut arriver à son personnage.
=> Il y a un côté vaniteux « qu'il est facile de faire des contes ». Le narrateur a une réelle capacité d'invention.
=> Le narrateur joue avec son lecteur et lui montre qu'il peut l'emmener où il veut.

b) Insertion d'un dialogue de théâtre

=> Diderot mélange le discours du roman et le discours du théâtre. On a l'impression qu'il hésite entre les deux.
=> Le discours se traduit d'abord avec les noms tel que « Maître » et le roman avec les verbes narratifs tel que « s'écria ». Ainsi qu'avec l'utilisation du présent de narration.
=> Discours bref avec un personnage qui prend le pouvoir sur l'autre.
=> A l'intérieur de se dialogue il y a également un récit.

c) Imbrication des différents niveaux de récit.

Le récit des questions initiales fait penser à une rencontre déjà faite plus tôt.
Le récit se poursuit dans le texte à l'intérieur du dialogue. En train de poursuivre une discussion. Jacques fait allusion à un capitaine (« mon capitaine ajoutait »), il a donc déjà commencé à raconter.
Jacques en racontant son histoire semble vouloir également raconter son histoire. Un autre récit apparaît alors en parallèle, l'histoire de la blessure de jacques.
Le lecteur s'attend au récit des amours de jacques « c'était l'après-dînée », mais il ne nous la livre pas. Il s'arrête en cours de route parce que son « maître s'endormit ».
Le lecteur est entièrement à la merci du narrateur. Tous les reperds ont disparus. Diderot brûle les pistes dans cette histoire.


II) Les éléments d'un récit traditionnel

a) Des personnages.

=> Il y a trois personnages qui vont apparaître dont deux mis en scène.

=> Le premier personnage mis en scène est le maître, et le deuxième c'est jacques. On sait qu'il y a un rapport maître / valet entre les deux. Jacques est soumit à son maître mais parallèlement aussi à son capitaine.

=> Le capitaine apparaît qu'à travers une profession de foi déterministe. « Mon capitaine disait » « mon capitaine ajoutait »

=> Le maître est présenté comme silencieux « le maître ne disait rien ». On sait peu de chose sur lui. Il reprend les mots de jacques : « je n'aurais été amoureux » dit jacques, son maître dit peu après « tu as donc été amoureux. ». Il relance le dialogue et fait avancer jacques. Il apparaît comme un personnage sans relief, mais nécessaire.

=> Jacques est comme le miroir de Diderot. Il entame le récit de sa vie. C'est lui qui annonce les théories de base du roman. Il semble avoir une épaisseur psychologique.


b) Combien d'histoires ?

=> Le premier récit qui s'annonce au début du roman raconte l'histoire de jacques et son maître qui se baladent. Le maître est accompagné par jacques. Ils sont en chemin et le soir « l'après-dînée ». Ils sont « au milieu des champs » = en pleine campagne. Ils sont sur des chevaux.

=> Le second récit est celui de jacques et de ses amours. Où il s'est enfui de chez lui et engagé dans la bataille de Fontenoy.

=> L'un est au passé et l'autre et au présent => intégré au discours direct.


c) Deux narrateurs, dont deux « je ».

=> Il y a un premier narrateur qui est celui qui interpelle le lecteur et s'exprime à la première personne : « je suis en bon chemin ».

=> C'est Diderot qui représente tout les romanciers. Il affirme ici son pouvoir d'invention.

=> Jacques est le second narrateur qui raconte ses propres aventures et à quel point il est dépendent du hasard.

III) Réflexion philosophique et romanesque.

a) Le hasard.

=> Il y a une référence constante au fatalisme.
=> Il est question du hasard et de liberté affirmés de narrateur.
=> Son existence est souligné trois fois de façon direct : « à tout hasard » « tous les hasard », et indirecte à travers l'énoncé des faits qui non aucunes justifications. On ne sait pas où l'on va.
=> L'idée que l'on ne sait pas où on va mais on cause l'existence du hasard. C'est-ce qui préside à l'errance des personnages.

b) Le déterminisme.

=> Il y a une affirmation selon laquelle « tout ce qui est de bien et de mal est écrit là « haut. ».
=> Cette idée est reprise une seconde fois sous la forme métaphorique : « chaque balle qui partait d'un fusil avait son billet ».
=> Elle trouve également un échos dans des formules diverses : « cela ne pouvait être dit ni plus tôt ni plus tard » « celui là était encore apparemment écrit là haut ».
=> On trouve l'illustration de la théorie déterministe dans la succession des faits énoncés. Dans une relation de cause à effet.
=> Le déterminisme est une notion à laquelle vient s'opposer la notion de liberté.

c) La liberté.

=>Il s'agit essentiellement de la liberté du narrateur sous différentes formes.
- liberté de ne pas informer
- liberté d'inventer avec les possibles aventures
- liberté de Diderot qui construit son incipit comme il le souhaite.

=> Le problème qui se pose : comment faire c½xister ses trois notion si le hasard est maître de la destiné de chacun, comment croire au déterminisme, à la liberté ? Peut on être libre ?
Si tout est écrit sur un « grand rouleau », comment penser que l'on est libre ?
Si jacques est déterminé, quel rôle revient au narrateur qui invente son histoire et qui pense être libre d'inventer ?
=> Le fatalisme de Jacques met à la fois en échec le lecteur et le narrateur.


Conclusion :

Cet incipit de roman est déroutant, inattendu. Ce qui domine dans ce passage c'est l'insolence. Mais en une cinquantaine de lignes, il y a les thèmes principaux de l'½uvre qui sont concentré, l'interrogation philosophique de Diderot.
Il y a une réflexion sur l'écriture romanesque et le conflit entre le déterminisme et la liberté.
Cet incipit pousse le lecteur à en savoir plus sur les deux personnages qui constituent le titre et sur leur relation.
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# Posté le samedi 28 février 2009 05:52