« Retour au blog de rafiki-de-la-jungle

(u

Objet d'étude : Les Confessions, Rousseau. Ligne 418 à 443.


 De 1722 à 1724, Rousseau est en pension à Bossey chez un pasteur.
 C'est une période de bonheur pour lui car il est auprès de son cousin.
 Il vit une vie simple en pleine nature, il ouvre son c½ur à l'amitié.
 Il a des sentiments "tendres", "affectueux".
 Cette enfance va modeler son caractère.
 Ce "paradis enfantin" va être brisé par deux "fessées" qui sont données par Mlle Lambercier.
 La 1ère est pour l'enfant, il l'a mérité.
 Il va trouver un plaisir à cette fessée et elles vont augmenter son affection pour Mlle Lambercier.
 Dans la douleur, il trouve de la sensualité.
 Il a brisé les dents d'un peigne appartenant à Mlle Lambercier => il se heurte à l'injustice car il n'a en fait rien fait.
 Cette punition l'a marqué toute sa vie.



Plan :

I) La fessée, une étape déterminante dans la vie de Rousseau.
II) L'aveu et le plaidoyer.


Le style chez Rousseau est toujours le même. Il passe de l'anecdote à l'analyse de son "moi" profond.


I) La fessée, une étape déterminante dans la vie de Rousseau.

 Ce passage a choqué et choque toujours car Rousseau développe une expérience très intime.
 Ses désirs érotiques remonteraient à ça selon lui.

a) La sensualité.

 On n'est pas dans un roman libertin, sadique.
 Les effets de la fessée sont simplement suggérés.
 Euphémisme utilisé.
 L'auteur analyse avec beaucoup de clairvoyance son ardente sensualité, l'éveil de sa sexualité.
 Champ lexical du désir : "sens", "désir", "sang", "sensualité", "dévoré"...
 Métaphore filée du feu avec "allumée", "brûlant", "ardent"...
 2 caractéristiques évoquées à chaque fois que Rousseau fait la connaissance d'une femme : - la sensualité qui s'exprime par le regard => "je dévorais d'un ½il ardent les belles personnes" – il commence à fantasmer, il se livre avec délice au délire de son imagination.
 Allitération en "s" dans la phrase "avec un sang..." l. 18, 19.

b) Une expérience décisive.

 Utilisation du passé simple, imparfait. (Temps typique du récit.)
 Utilisation du passé composé lors de la réflexion (rapport cause à effet irréversible.) Il permet à Rousseau de se confier.
 Expressions "enfant" et "grand garçon" => passage de l'enfance à l'âge adulte.
 Rousseau marque avec beaucoup de lucidité son passage de l'enfance à l'âge adulte.
 Il découvre l'hypocrisie des adultes.
 On fait coucher les enfants dans une autre chambre suite à cet évènement.
 "On" marque l'hypocrisie.
 Décalage temporaire qui montre que Rousseau n'est pas dupe.

II) L'aveu et le plaidoyer.

a) Une confession.

 On a ici une confession perspicace puisqu'il constate que cette fessée a transformé le cours naturel des choses.
 Il va opposer nature et culture.
 Il dénonce certaines pratiques éducatives.
 Juxtaposition des propositions qui souligne la métamorphose de son être.
 Il a gardé de cet épisode un goût pour le sado-masochisme.
 Rousseau est frustré, et selon lui cet épisode va déterminer sa sexualité et son rapport avec les autres.
 Dans la dernière phrase on voit qu'il est obsédé.
 Apparition de l'abandon.
 Son obsession de l'abandon peut s'expliquer avec ses relations difficiles avec les autres.
 Mlle Lambercier joue le rôle de mère.
 Elle lui fait comprendre les méfaits de l'inceste et lui fait découvrir un plaisir particulier donc il va en garder la nostalgie.
 Rousseau a une manie de la persécution.

b) Le rôle ambigu de l'écriture de soi.

 Le passage est ambigu parce que Rousseau découvre en même temps le sexe, la sensualité et la conscience morale.
 Il avoue sa faute mais sur le mode de la dénégation => "sans qu'il y eut de ma faute"
 Rousseau se fait le laudateur (faire l'éloge) de l'innocence, de la nature, de la transparence mais il découvre en lui des éléments opaques inclassables comme ses pulsions sexuelles, son imagination, cette faculté de l'illusion.
 Il cherche à se justifier.
 En voulant tout dire, il va mettre en évidence les contradictions qui sont en lui.
 Cet humour est un moyen de se mettre dans la poche le lecteur.


Conclusion :

Cette page est célèbre car sulfureuse, originale. Il fait par tâtonnements successifs afin de remonter aux origines de son "moi". Il souligne l'importance d'un tel évènement pour un adolescent. (Il a 11 ans.) L'autobiographie, c'est la découverte de soi, faite de moments forts qui marque, d'évènements.

[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le vendredi 27 février 2009 13:17

« Article précédent : Incipit

Article suivant : ghj »