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Objet d'étude : Aloysius Bertrand, Gaspard de la nuit. La viole de Gamba.

 La viole est une sorte de guitare, de lute : un instrument baroque.
 Un des thèmes ici :
- La commedia dell' ARTE : Au XVIIIème siècle on l'a complètement oublié mais à l'époque romantique elle devient un thème littéraire. C'est le mime de Deburau qui va ressusciter le personnage de Pierrot et va le transformer dans ses pantomimes en personnage romantique, lunaire.

Ce poème est en prose, publié en 1842 à titre posthume. C'est une œuvre étrange par son inspiration et par sa forme.
Ce recueil se compose de 6 livres très structurés. Chaque texte propose plusieurs particularités typographiques.
Il exige un jeu de blancs et de doubles blancs entre les couplets => c'est une manière de mettre en relief une organisation interne très savante qui joue à la fois sur le lexique, sur l'énonciation, la cohérence logique tout en laissant libre l'imagination, le rêve et l'inventivité des lecteurs.

 A. Bertrand s'est inspiré d'un univers médiéval mais aussi de la peinture et de la musique, de l'histoire, des croyances...
 L'œuvre porte comme sous-titre "fantaisies à la manière de Rembrandt et de Jacques Callot".
 La viole de Gamba est le 7ème texte du livre I => "Ecoles Flamandes"
 Ce poème est composé de 5 couplets séparés soit de blancs, soit d'étoiles.
 Le texte est précédé de deux épigraphes. L'un est emprunté à "Onuphrius" (récit fantastique) l'autre à une chanson populaire. Ces deux épigraphes font référence au personnage de Pierrot.
 Inspiré semble-t-il par un instrument, le poème est l'évocation d'une scène de la Commedia Dell' ARTE.
 On a un texte narratif avec un passage au style direct.

Plan :

I) La structure du texte.
II) La fantaisie centrale.



I) La structure du texte.

a) Les 2 épigraphes et le titre.

 C'est déconcertant car on essaye de chercher un lieu entre le titre et ces 2 épigraphes.
 Pierrot est présent avec le mime de Deburau et avec le mot "paillasse" qui est un personnage de Commedia.
 Théâtre, musique, spectacle encadre le texte.
 Champ lexical de la musique : "bourdonnante", "viole", "luthier"... + Champ lexical théâtre : "lazzis", "roulades", "comédie italienne"...
 Le rapprochement titre épigraphe texte conduit à penser que le poète met une évocation née de la musique sous le signe du théâtre italien, de la chanson populaire tout en rendant hommage à 2 de ses contemporains.
 A.B attire le lecteur sur 4 modes d'expressions : la musique, le théâtre, la chanson, la poésie.
 Dans ce cas, la musique fait naître le théâtre mettant en scène des personnes populaires et la poésie raconte l'ensemble sous une forme insolite.

b) La disposition typographique.

 Typographie équilibrée => *
 Cette hypothèse de l'équilibre est consolidée par le fait que les 3§ du centre sont reliés de manière chronologique "d'abord", "et", "mais"...

c) La répartition lexicale.

 Les couplets 1 et 5 sont reliés par la musique.
 Ces deux couplets servent d'introduction et de conclusion.
 La musique fait naître le théâtre.
 Dans le couplet 5, il n'est plus question de théâtre et on peut penser que : couplet 1 => entrée en scène comédiens et couplet 5 : chute.


II) La fantaisie centrale.

a) Les personnages centraux.

 Personnages de Commedia : Barbara, Pierrot, Arlequin, Colombine, et d'autres désignés par des fonctions "le traître", "la jeune fille", "le vieux"...
 Ces personnages sont évoqués dans des comportements conventionnels. Exemple : Pierrot => imbécile, maladroit ; Colombine : moquerie ; Arlequin : farce...

b) Une scène de comédie.

 Succession d'entrées sur scène, et d'actions.
 Verbes d'actions à l'infinitif.
 Utilisation imparfait.
 Enchaînement rapide.
 Le rapport entre Pierrot et Arlequin est un exemple parfait de ces actions/réactions.
 Il y a un jeu entre l'intérieur et l'extérieur. On laisse libre court à l'imagination du lecteur.
 On peut remarquer que chaque épisode est rythmé par la longueur et la structure de la phrase.
 2ème couplet : une seule phrase, 3 éléments.
 3ème couplet : idem.

c) La relation comédie/musique.

 La logique de l'imaginaire prend le dessus sur la musique religieuse du début, sur ce qu'on pensait avoir.
 Dialogue entre instrumentaliste et sa viole.
 Oniphrius est l'histoire d'un peintre se faisant poursuivre par un diable => amène un aspect fantastique.
 Espèce de mise en abyme.
 C'est l'écriture d'une fantaisie. A la fois une vision, à la fois une pièce de théâtre, à la fois une chimère.
 1er couplet : relation musique/théâtre. "Le maître de chapelle" <= Musique / "Gargouillement burlesque de lazzi" <= Théâtre.
 Le fil conducteur entre tous les éléments est la musique de la viole.
 Personnage de Pierrot présent dans les épigraphes et dans le récit encadré.
 Ce personnage est proche de la Commedia "imbécile", "maladroit", "sourire jusqu'aux oreilles"...


III) En quoi est-ce un poème en prose.

 Fantaisie verbale et musicale => jeux sur les sonorités.
 Allitération en "r" dominante.
 Assonance en "a".
 Rythme des § : longueur des phrases, ponctuation...
 Le vocabulaire familier "derrière", "viédase" semble ôter tout effet poétique.
 Composition musicale => lyrisme
 Parallélisme, sonorité, glissement des sons, oxymore.


Conclusion : Ce poème présente la double caractéristique paradoxale de dérouter tout en créant une familiarité. Le lecteur est au départ déconcerté pourtant peu à peu, il s'aperçoit que c'est un monde qu'il connaît, à la fois simple et complexe. C'est une fantaisie avec => romantisme.
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# Posté le samedi 28 février 2009 04:33

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