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Objet d'étude : La religieuse, Diderot.


=> Au XVIII ° siècle la femme est encore en enfance, et dépend étroitement de sa famille, d'abord du père puis du mari. A de rares exceptions, elles n'ont aucune autonomie. Elles ne choisissent pas leurs destins, réglé par leur mères, pères, maris et par la société. La religion est présentée comme un garons dans l'ordre familial. Les femmes ont aussi une autorité institutionnelle avec la religion.
Dans la religieuse, publié en 1760, Diderot veut prouver que l'enfermement des femmes entre elles, est contre nature et produit des monstres, déshumanise la femme.

=> L'extrait choisit, montre Suzanne dans le deuxième couvent : Longchamps.


Plan :

I) Le récit d'une descente en enfer.
II) La critique des couvents.


I) Le récit d'une descente en enfer.

a) Une narratrice.

=> Utilisation du « je ».
=> Le point de vue est interne. C'est presque un journal intime.
=> Discours directe : « Donne tes papiers »
=> Discours indirecte : « Elle m'annoncèrent qu'elle »
=> Alternance entre récit et discours.
=> La souffrance de Suzanne est verbalisé, elle crie : « je poussais des cris affreux », « je criais », « j'appelais au secours », « je hurlai comme une bête féroce » s'oppose au silence du couvent.
« Je suppliais » = « on me refusa », « je poussais des cris affreux » = « on avait sonné la cloche ». Il y a un contraste avec le mutisme de ses tortionnaires. Personne de n'écoute, il n'y a aucun discours direct pour les s½urs. Ses cris se perdent dans le couvent qui étouffe sa résistance.

Malaise rendu par le lieu. C'est un couvent, un lieu de clos qui se referme dans le sous-sol, une cave.
« à travers les corridors » = « en bas des escaliers » = « un petit lieu souterrain obscur ». Il y a une notion d'enfermement accentuée par le verbe ouvrir : « ouvrit ».

On enferme Suzanne dans ce qui ressemble a une tombe, une prison : « morceau de pain noir », « cruche d'eau », « vaisseaux nécessaires et grossiers » « une tête de mort » « crucifix ». C'est un lieu malsain « demis pourrie » « humidité ».
On dirait un tableau religieux. Le tableau de Saints et de vanité.

L'interrogatoire, la violence, l'enfermement et la libération de la victime sont des caractéristiques de victimes traditionnelles gothiques.

B. Une héroïne torturé physiquement.


On à ici la torture d'une sorcière. Tribunaux d'inquisition (contre la religion). La narratrice est diabolisé comme le rappel les expressions : « on croit aisément le mal » « disposé de cette créature » « je sens que je me perd ».

On lui en lève le portrait comme s'il était le signe du malin alors que c'est sa mère supérieure
Déchaînement de la violence avec l'accumulation de verbe : « hurlai » « frappais » ...

Souffrances physiques des mauvais traitements : « pieds ensanglantés » « jambes meurtries » ...
On lui donne du pain noir, la natte est humide et à moitié pourrie.
Les verbes : « arracha » « dépouilla « jeta » (2), « traînait » et le complément d'objet « me », montre qu'elle subit.
Son mauvais traitement est suivit par son enfermement : « enfermement » « grosses clefs » « petit lieu souterrain » est une périphrase qui définit un cachot.
La régression des lieux (« escalier » « souterrain » « natte ») fait penser à un labyrinthe ou même à un intestin ce qui réduit Suzanne sous la forme d'un déchet.

C. une héroïne déshumanisée

Il y a une déshumanisation des bourreaux. Ils n'ont pas d'individualité, ils ne sont réduits qu'à des voix, et à des gestes de tortures.
L'utilisation du « ont » indéfini et du « nous » renforce se manque d'individualité.
La seule religieuse identifiée : « une de mes exécutrices » est réduite à une fonction qui détient une connotation meurtrière.

Il y a également une torture morale qui vise à rendre Suzanne animal. On veut lui rendre son animalité.
Elle se fait humilier lorsque qu'on lui déshabille la tête, les pieds et les voiles « sans pudeur ».
On lui enlève aussi son seul soutient psychologique avec le portrait de son ancienne mère supérieure. Puis on l'habille d'un sac, on la traîne. Elle se retrouve jeté à terre comme un animal. Se traitement marche, elle devient enragée « comme une bête féroce », et arrache ses vêtements avec ses dents. Elle hurle et pousse des cris. Comme une bête emprisonnée, comme un démon.
De plus les chiffres du diable sont présent dans le texte parce qu'il y à trois religieuses, « troisième jours », « neuf heures du soir ». Suzanne devient une démone.

Les religieuses font un travail de déstabilisation. La violence succède à la bonté : « elle me faisait grâce ». On ne sait pas se que veut la mère supérieure, c'est une perverse, rien n'est explicité : « ce n'est pas là se serment que je veut », « voyez ».
« Obéissez à votre supérieure » est un ordre de soumission mais elle ne comprend pas cet ordre « je ne sais pas ce que l'on me demande ». Elle ne comprend pas, mais la torture morale fonctionne.
Il y a des éléments du thème pictural des vanités « crucifix » « tête de mort » qui rappel à Suzanne qu'elle n'est rien et qu'elle sera détruite un jour.


II. Une critique des couvents.
A. Le choix du registre pathétique.

Le registre pathétique invoque la pitié. La voix de Suzanne s'adresse à la sensibilité, et provoque la pitié du lecteur. C'est une scène théâtrale proche du mélodrame. Mais cette scène fait aussi appel à la raison, puisque le lecteur découvre que l'enfermement des femmes dans un couvent à des conséquences dramatiques. Le monde conventuel, entraîne la dégradation de la nature humaine. L'oisiveté, l'inutilité sociale, la promiscuité, la violence plonge peu à peu Suzanne dans la folie le suicide.
Diderot critique le couvent mais non pas la religion. D'ailleurs il ne place pas sa critique dans la bouche de la narratrice. C'est une héroïne naïve, dénuée de méchanceté. Suzanne est la représentation de la victime innocente.
Les souffrances suscitent la sympathie du lecteur.

Il y a des procédés pathétiques. La fureur des religieuses est en opposition à la douceur de suzanne. Attitude mélodramatique de Suzanne « faites de moi ce qu'il vous plaira » « j'invoquais le ciel » « j'étais à terre » (antiphrase ironique). Il y a aussi une ellipse narrative : « le troisième jour ».

B. une critique de l'institution conventuelle

Il y a une hiérarchie « une supérieure » qui donne des ordres « je veux ». C'est la volonté d'un seul. Il y à de nombreux impératifs et tous doivent se plier à son autorité, les autres doivent la vénérer. Elles ne servent plus dieu mais la hiérarchie.
D'ailleurs, elles s'inquiètent des papiers pour « l'archevêque », « le vicaire », mais ne froissent pas dieu. Il y a un mépris de la volonté individuelle, de l'humain.
C'est une prison au lieu d'un lieu d'amour et de prières. Il y a un langage hypocoristique, avec le style indirect et le « que ».

De plus Suzanne est nue ce qui est contraire au couvent. Il y a un désordre qui ne va pas avec l'ordre du silence. On l'a pousse au suicide alors que c'est un pêché dans la religion chrétienne.
Ceci est renforcé par le contraste entre la situation est l'appellation des personnages « chère mère » « soeur » : ironie.
Suzanne dans la bible est le symbole de l'innocence calomniée
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# Posté le samedi 28 février 2009 05:52

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