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Objet d'étude : Pierrot, Verlaine.

 C'est un poème de Verlaine publié en 1884.
 Dans le recueil Jadis et Naguère, Verlaine explique que la poésie est essentiellement musicale.
 Comme le titre l'indique, Verlaine revient sur des faits passés.
 « Pierrot » est le second sonnet de la 1ère section.
 On retrouve ici Pierrot avec ses attributs traditionnels mais l'atmosphère est chargée de négativité.
 Ce sonnet est aussi sous le signe du manque, de la frustration, de la mort.
 C'est la symbolique du désarroi du poète.


Plan :

I) Le personnage de Pierrot.
II) La présence de la mort.
III) La figure du poète angoissé.


I) Le personnage de Pierrot.

a) Pierrot

 Le sonnet s'offre comme la définition d'un personnage par rapport à sa nature antérieur.
 Caractéristiques vestimentaire de Pierrot v. 6, 10.
 Dans le second tercet seulement apparaît son visage.
 C'est un personnage de mimes qui n'exprime ses sentiments que par des gestes v.7.
 Il est fasciné par la lune.
 Rêveur lunaire qui évolue dans l'obscurité.
 La clarté de la lune est répétée par ses habits v.13.
 La pâleur est caractéristique de son innocence.
 Le 1er vers souligne sa fraîcheur naïve.
 « Riait », « gaîté » placé en début de vers.

b) Perversion de la tradition.

 V.3 faisant référence à la chanson populaire, à l'enfance.
 « Vieil air » <= prouve que Verlaine ne pervertie pas la chanson mais la réinterprète.
 Ce n'est plus la candeur mais le vide.
 « La chandelle » est reprise sur un mode atténué avec « mince éclair ».
 Il y a une faible lueur présente dans les yeux, dans le texte.
 Il y a un caractère précaire, éphémère.
 Oxymore « long éclair ».
 On a l'impression que le personnage est sans consistance.
 Oxymore « cri silencieux ».
 On est passé de la chanson (§ 1) au silence (§ 2).
 Cette lune blanche est ici symbolique => elle est le masque de Pierrot.
 C'est pour cela que Pierrot n'est plus ce qu'il était, il finit par mourir.
II) Présence de la mort.

a) Ecoulement du temps.

 Mort omniprésente. Elle implique un vide v.3, 4 => figure du spectre.
 Ce qui intéresse Verlaine est le passage du passé au présent.
 Il y a une métamorphose du personnage.
 Emploi imparfait v.3, présent passif v.4.
 Le sonnet se poursuit au présent.
 Il n'y a pas de futur ; le personnage n'a d'autres issues que la mort.
 Cela commence par « ce n'est plus » et finit par « moribond ». Chaque strophe est une étape de l'agonie de Pierrot.
 1ère strophe : image révolue du personnage.
 2ème strophe : souffrance du spectre.
 3ème strophe : expression d'une solitude horrible.
 4ème strophe : gros plan sur le visage d'un mourant.

b) La morbidité.

 Le sonnet s'organise autour de cette dépossession.
 Tous les éléments du sonnet porte une marque funèbre v.6, 7 (vêtements).
 Pierrot est ainsi un fantôme et un mort-vivant.
 Son visage multiplie les notations morbides.
 Il y a un hiatus (deux voyelles. Exemple : lion) => « semble hurler ».
 Allitération en « r », « s ».
 Assonance en « u ».
 On entend la plainte de Pierrot.
 Dans la dernière strophe on retrouve l'image de la tête de mort.
 « Exsangue », « vent froid » <= omniprésence de la mort.
 Le mouvement des oiseaux est suggéré par l'assonance de « ui » et de « d » et « t ».

III) La figure du poète angoissé.

a) La maladresse.

 Pierrot = poète.
 La figure de Pierrot est en réalité celle du poète.
 C'est Verlaine lui-même qui souffre d'une perte d'être et se caractérise par sa gaucherie.
 Alexandrin coupé bizarrement v.8 => 5 et 7. V.13 => 5 et 7.
 Verlaine pense que le chiffre 7 est mélodique.
 V. 10, on dirait qu'il est empêtré.

b) Solitude et silence.

 A la chanson populaire, il ajoute un cri horrible.
 Le seul bruit réel du poème sont les oiseaux.
 V. 11.

c) Perte de l'identité.
 Un poète qui se voit condamner au silence est un poète mort.
 Ce silence provoque le désarroi traduit par le rythme : rejet, syntaxe...
 Si Pierrot meurt c'est toute la tradition de la chanson populaire qui disparaît avec lui.
 Le poète n'a plus de repères poétiques.
 La mise à distance qu'opère l'auteur en se représentant en Pierrot indique qu'il n'est plus lui-même.
 Le poète s'est perdu.


Conclusion : Ainsi ce sonnet par la représentation traditionnelle permet à Verlaine de transcrire ses angoisses de poète face à la solitude, au silence. La mort qui plane est symbolique de la dégradation qu'a ressentie l'auteur devant son passé. On a un « malaise » à la lecture de ce texte. Un sentiment émouvant, douloureux de frustration rendue par la musicalité discordante du vers.
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# Posté le dimanche 01 mars 2009 12:40

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Objet d'étude : Les Confessions, Rousseau.
Ligne 1715 à 1744.

 Il a 16 ans, la première fois qu'il rencontre Mme de Warens (1728).
 Il a fuit Genève.
 Il quitte la Suisse (protestante) pour aller au royaume de Sardaigne (catholique).
 Un curé le reçoit.
 Il est protestant et le curé va alors essayer de le convertir.
 Une dame charitable convertie depuis peu au catholicisme l'accueille chez elle. Mme de Warens n'est pas une vieille dévote comme le pensait Rousseau mais une femme de 28 ans.
 Il a peur de ne pas lui plaire et ajoute donc au billet du curé une "belle lettre en style d'orateur".
 Il veut capter la bienveillance de Mme de Warens.
 On dit à Rousseau que Mme de Warens est à la messe et Rousseau va donc aller la rejoindre là-bas.
 La 1ère rencontre est ici présentée comme capitale.
 Rousseau a grand plaisir à raconter l'anecdote.
 Il précise les détails et veut susciter en nous un intérêt romanesque.
 En même temps, sur cette page, il veut nous montrer qu'il fige son caractère à partir de sa vie sentimentale.
 Il va nous exposer les éléments qui vont constituer cette étrange relation entre un ado de 16 ans et une jeune femme bienveillante.

Plan :

I) Art du récit
II) Une relation inégale


I) Art du récit

Il va essayer de nous faire participer à l'évènement.

a) La focalisation interne.

 Utilisation "je", "me"... Tout est perçu à travers la conscience du narrateur.
 Enumération verbes d'actions => "cours", "atteins", "parle"...
 Page typique de l'autobiographie.
 Regard rétrospectif où Rousseau vieux va orchestrer les émotions de l'ado qu'il fut.

b) Les précisions spatio-temporelles.

 Il arrive le jour des Rameaux.
 Précisions sur le lieu.
 On a un passage derrière la maison, tout est détaillé.
 Ce lieu est célébré car Rousseau veut faire de ce lieu un "monument".

c) Vivacité du récit.

 Il alterne passé simple, imparfait et présent de narration.
 Dans la 1ère séquence de cette scène, Rousseau court.
 Dans la 2ème séquence, on a le point de vue de Mme de Warens.
 Dans la 3ème séquence, elle prend la lettre et la lit.
 Dans la 4ème séquence, elle lui parle.
 Séries d'actions qui captent l'intérêt du lecteur mais à chaque action correspond une émotion.
 L'émotion est suscitée par « ... » et laisse au lecteur le plaisir d'imaginer la suite.
 Il sacralise le lieu mémorable de la rencontre.
 L'émotion de Rousseau nous submerge => « ! »
 Le passé simple contribue à dramatiser l'évènement.
 Il intervient pour nous expliquer en quoi cette rencontre était « éblouissante ».
 Omniprésence de l'émotion.
 La longue phrase nous fait partager l'attente émue de Rousseau.
 On sent ce qu'il ressent.

d) Le lyrisme.

 Il apparaît dans les exclamations, les pleurs.
 Il en appelle aux hommages « de toute la Terre ».
 Il rêve d'un monument pour faire honneur.
 Il accumule les hyperboles et fait un portrait de Mme de Warens idéalisé.
 Le rythme suit les émotions.
 L'impatience est marquée par le rythme ternaire.
 Amplitude des émotions marquées par les exclamations.


II) Une relation idéalisée ?

 Quels sentiments a Mme de Warens ?
 Il se souvient de cette scène 40 ans plus tard.
 Il idéalise cette première rencontre mais certains éléments laissent entendre que ce n'est pas si idéal que cela.

a) Des sentiments démesurés.

 Il y a un mélange de ferveur religieuse et d'attirance physique.
 Au livre V, il en refera une description élogieuse.
 Elle est à la fois désirée et adorée.

b) Les sentiments de Mme de Warens.

 Elle apparaît comme une jeune femme forte attirante.
 Elle est sous le regard ébloui d'un ado.
 Elle s'intéresse à la lettre et en est attendrie.
 Elle est fondamentalement maternelle.
 Sa préoccupation première est de le nourrir.
 Et la 2ème d'aller à la messe.
 Elle a toutes les qualités d'une bonne chrétienne.

c) La dissymétrie des sentiments.

 Elle ne remarque pas les charmes de l'ado.
 Il a déployé toute son éloquence.
 Elle a de la pitié.
 Elle l'enverra trois jours plus tard à Turin.
 Ils ne se reverront pas avant un an.
 Il n'y a pas de réciprocité.
 C'est « l'intensité » de son sentiment qui lui fait croire qu'il est aimé.
 Le dimanche des rameaux, il va se souvenir de cette journée.
 Il va reconnaître combien leur relation sentimentale était déséquilibrée.
 « Ah ! Si j'avais suffit à son c½ur comme il suffisait au mien. »


Conclusion : A cette première rencontre, il trouve une mère et non pas une amante. Dans cette page, il y a une première rencontre dont les auteurs futurs s'inspireront.
Traits maternels de l'héroïne retrouvé, le jeune homme idéalise l'enfant. Rapport mère/fils.


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# Posté le dimanche 01 mars 2009 13:45

rh

Objet d'étude : Les Confessions, Rousseau.
Ligne 2722 à 2764.


 Rousseau fait un séjour à l'hospice des catéchumènes (ceux qu'on prépare au baptême) de Turin.
 Il se fait voler par un camarade.
 Il n'est pas heureux et rencontre des gens peu fréquentables.
 Il accepte de se convertir mais s'amuse à faire des objections au curé.
 Un de ses compagnons lui fait des avances.
 Il ne comprend pas, le repousse et le dénonce à un des administrateurs du couvent qui va se voiler la face.
 Il est humilié par la cérémonie et quitte l'institution.
 Il va être embauché par une jeune marchande : Mme Bazile. Il va tomber amoureux d'elle.
 Rousseau a 16 ans.
 Elle l'accueille chez elle avec des manières douces et accueillantes.
 Le passage parait sans intérêt mais c'est un exemple qui illustre la phrase du préambule : « j'ai besoin, moi, de tout dire. »
 Ce passage est un passage essentiel dans la vie sentimentale de Rousseau.

Plan :

I) En quoi est-ce une petite scène de théâtre.
II) L'éducation sentimentale de Rousseau.


I) En quoi est-ce une petite scène de théâtre.

a) Une scène à voir et à entendre.

 Rousseau est spectateur de sa propre vie.
 CL des sensations.
 Sensations visuelles dominantes.
 Il la regarde faire sa couture.
 Il brosse un portrait de cette femme.
 Répétition « joli », « regarder », « voir », « spectacle ».
 Rousseau est un voyeur.
 Elle a plaisir de regarder le jeune homme.
 Multiplication des points de vue qui produit une sorte de scénette.
 Egiste : amant d'une reine.

b) Une pièce à 4 personnages.

 On retrouve les pièces de Marivaux : fausse ingénue, mari, amoureux transi, gardien maussade, grognon.
 Passion, jalousie.
 Avec le recul, Rousseau s'en amuse.

c) Un charmant marivaudage.

 Rousseau se joue du romanesque.
 Il se sent attiré par le côté roman d'amour.
 Lorsqu'il envisage l'attitude de Mme B. il utilise une longue phrase.
 Toutes les hypothèses sont mises en parallèle de façon symétrique.
 Le manège de Mme B. est ambigu.
 Elle prend plaisir à observer le jeu de l'ado.
 Elle ne pousse pas la vengeance jusqu'à se venger sur Rousseau.
 Elle lui adresse quelques mots d'un ton tranquille.
 Le jeu est un mélange de naïveté et de ruse féminine.

II) L'éducation sentimentale de Rousseau.

 Episode charmant, léger.
 Cette scène, Rousseau en garde un souvenir ému, vif.
 Cette page est révélatrice du rôle des femmes dans le parcours initiatique de Rousseau.

a) Une évocation sensuelle.

 Il la « dévore », il a un ½il avide.
 Il s'attarde sur des choses vues.
 Objets érotiques : fleur de la robe, bout de son joli pied.
 Allitération en « v », « r » : impatience.
 Rythme croissant.
 Troubles visuels.
 Sa sensualité est à fleur de peau.
 Regards croisés, voyeurisme.
 Rousseau restitue des amours essentiels de son adolescence.

b) Mme Bazile et Mme de Warens.

 Mme B. ne joue pas le même rôle que Mme de W.
 La narration est totalement au passé.
 Texte Mme de W. au présent.
 Mme de W. est encore « avec lui », pas Mme B.

c) Une page révélatrice.

 Ce passage nous permet de mieux comprendre la conception de l'amour pour Rousseau et le choix des femmes.
 Dans le livre I : il se débarrasse des protestants qui lui ont imposé une éducation viril.
 Dans le livre II : il découvre les femmes et va préférer la sensualité des femmes catholiques.
 Il va s'apprivoiser de façon rapide à l'idée de vivre dans le catholicisme.
 Cependant cet amour va rester platonique (simplement par la pensée.)
 Il voue à Mme B. un amour chaste et pur.
 Image de la femme protectrice, celle qui domine.


Conclusion : Anecdote qui se présente de manière vivante. On peut reconstituer le parcours sentimental de Rousseau et mieux juger cette époque de sa vie qui a forgé son caractère.
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# Posté le dimanche 01 mars 2009 14:45

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L'Oeuvre, Zola.


Texte 3 : Chapitre 8 : « le poêle commençait à rugir... » jusqu'à « gisant près d'elle... » p.324

Le ménage s'est installé rue de Douai dans un atelier. Claude s'est vu refuser 3 toiles, lui qui avait pourtant la fureur de peindre. A la campagne, il ne peint pas, à la ville oui. Claude se lance alors dans un immense tableau représentant une vaste composition parisienne qui va lui coûter la vie. A la fin du chapitre 8, il décide d'épouser Christine car sa patronne vient de mourir. Dans ce passage, il passe prendre Mahoudeau et doit attendre que l'atelier soit un peu réchauffé pour présenter la sculpture en cours. Ce passage dramatique est placé symboliquement au milieu du récit de la noce et il illustre la priorité donnée à l'Art, ainsi que l'ambiguïté de la relation qui unit l'artiste à la création. Cette scène préfigure la grande lutte de Claude avec la figure centrale de son tableau.

I) Un récit dramatisé.
II) Une scène d'amour qui reprend le mythe de Pygmalion.


I) Un récit dramatisé.

a) Effets d'annonce.

Juste avant ce passage, il y a un effet d'annonce : description d'un cimetière, description des ½uvres du sculpteur et notamment le plâtre colossal de la vendangeuse.
Plus loin, lorsqu'ils sont dans l'atelier, il vient d'allumer le poêle, et secoue sa statue « mais elle n'avait pas encore bougé ».
Le « encore » annonce le futur mouvement de la statue. Le lecteur est préparé à cette scène.

b) Alternance récit/discours.

C'est surtout Mahoudeau qui parle.
La scène est retardée par cette alternance récit/discours.
Le discours direct de Mahoudeau marque les étapes de la scène.
Zola est le spécialiste du discours indirect libre.

D. direct : « », prop. incise
D. indirect : v. intro + « dit que... »
D. indirect libre : l.8 => sert à créer un effet de brouillage : fusion entre la vois du narrateur et celle du personnage.

Le DDL ressemble au discours indirect par son intégration au récit (changement d'énonciation) et au discours direct par sa liberté de construction.
Ce DIL rend la scène encore plus vivante.
Alternance de point de vue.
On entend parler le sculpteur mais c'est Claude qui voit la scène.
Il y a une ironie tragique dans ce changement de point de vie car il donne vie à sa statue alors qu'elle est en train de se détruire.

c) Chronologie.

Tout le passage a des liens chronologiques :
l.1 : « commençait à rougir »
l.5 : « continuait à la regarder
Première partie de ce texte à l'imparfait => valeur durative et intervient une première rupture avec le « à ce moment » l.10
=> Passé simple « crut »,...
Le caractère fatal de l'évolution apparaît ensuite dans l'usage du plus que parfait « avait frémit », « s'était tendu » + utilisation futur proche « allait se mettre en marche »
Ce texte en mouvement et l'imparfait « bougeait » suggèrent le fait que l'action a déjà commencé et que forcément, elle va se poursuivre.
Le § suivant : « peu à peu » : côté engrenage.
« Brusquement » : fatalité.
Le véritable point de rupture se trouve au milieu d'un § et après ce « brusquement » la phrase est très longue et se finit par un lien logique : « enfin ».
Le cri du sculpteur clôt la scène.

d) Recours au registre fantastique.

Véritable scène fantastique : statue qui bouge.
Zola reprend tous les procédés de la littérature fantastique :
- modalisateur du doute : « semblait »
- personnification : « la Baigneuse bougeait »
Il croit avoir une « hallucination ».
Le texte décrit l'action de manière objective : chute d'une statue l.22
Cette statue est comparée à une femme : elle a des sentiments, elle a de l'angoisse, de la douleur.
Dans le dernier §, on a l'impression d'une femme et d'un homme qui font l'amour.
Notations anatomiques de la femme : « gorge », « cuisses »...
Il fait l'amour à un tronçon de femme !


II) Une scène d'amour qui reprend le mythe de Pygmalion.

a) La statue, représentée comme une femme réelle.

Deux hommes la regardent, la détaillant.
On retrouve ici le procédé du blason (éloge d'une partie du corps) qu'on a en poésie (XVIe => Louise Labé, Ronsard, Du Bellay)
Zola commence par une perception d'ensemble ensuite il passe au jaret et à l'échine ; puis il s'attarde sur le ventre (répété 3 fois en l'espace de 4 lignes) viennent ensuite les reins, la gorge, les cuisses (x2)

b) Une femme qui s'abandonne au plaisir, au désir.

Un mythe : C'est un récit qui permet d'avoir une vision de la société.

Mythe Pygmalion : tomber amoureux de sa création.

La femme au début est froide « frigide » puis elle se réchauffe « au souffle tiède » (<= poêle). Elle semble s'animer grâce à la caresse du sculpteur. Mahoudeau lui « s'excite », « s'enfièvre ». Le mouvement est souligné par l'allitération en « r » l.20.
Allitération en « g ».
1er § : rythme suit une ondulation.
Erotisme.

c) Une statue qui s'abandonne au désir jusqu'à la chute.

Il lui « ouvre les deux bras », elle lui tombe au cou mais lui suit l'étreinte l.37.
C'est l'homme qui subit « secousse si rude », « culbuter jusqu'au mur ».

d) Illustration du mythe de Pygmalion.

Ce rapport inversé (dominant/dominé) illustre l'ambiguïté qu'il peut y avoir entre la création, la créature.
Trois allusions à Aphrodite, Vénus dans ce passage :
Vénus est l'écume. Présence de l'eau dans ce passage avec la baigneuse. « Ventre en coquille » => coquille St Jacques. « Onde légère », « Peau de satin » pouvant faire référence à la Vénus de Boticelli.
Le déjeuner sur l'herbe et la Vénus ont été exposé au même salon => référence aux deux tableaux dans l'Oeuvre.
Le mythe de Pygmalion est un thème fondamental dans l'Oeuvre : l'artiste est amoureux de sa création.
Ce sont les caresses à distance qui donnent vie à l'Oeuvre, c'est l'artiste qui donne vie à son ½uvre §2.
Alternance entre discours et récit suggéré tout le long du passage.
Relation de cause à effet.
« Le premier éveil de la chair » soit on comprend cette phrase comme une défloraison de cette « grande nudité vierge », soit comme la vie qui prend forme dans cette boue ; mais le drame du créateur est de périr de la réussite. L'artiste s'approche de Dieu en tant que créateur mais cela ne dure pas longtemps.


Conclusion : La chute de la statue de Mahoudeau est triste (il pleure car la statue est foutue) et dans ce repas de noce (juste après) l'ombre de la statue s'assoit à table avec eux, rappelant que Dieu les a punit (Christ => Christine). Mahoudeau va arrêter son combat pour trouver la femme parfaite et ne couchera plus avec Mathilde. La baigneuse qu'il présentera au Salon sera à peine plus grande qu'une fillette de 10 ans, il va refuser le naturalisme au profit d'un art plus conventionnel. La femme peut donner la vie mais aussi la reprendre.
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# Posté le dimanche 03 mai 2009 07:16

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L'Oeuvre, Zola.

Texte 4 : Chapitre 10 : « Mais Claude ne voyait rien... » jusqu'à « une jeune femme s'amusait à lui jeter. » p.414

Cet épisode est placé au milieu de la noce et préfigure la jalousie de Christine pour la femme qui est sur le dernier tableau de Claude ainsi que la mort de Claude. Ce chapitre 10 est consacré au 2ème salon et fait au chapitre 5 (construction en miroir). Au premier salon, il expose le tableau qui s'appelle « Plein air » puis, après cet échec, les peintres se sont rendus au café des Champs-Élysées et le tableau de Claude s'est transformé en symbole de « guerre ». Claude va devenir chef de file de la nouvelle école et la bande va prendre le nom de « Plein air » (chapitre 10). Au deuxième salon, Claude n'a pas exposé un tableau « plein air » mais un enfant mort. Personne ne regarde ce tableau, le public est indiffèrent. Claude est entraîné par Sandoz et demeure prisonnier du salon, ils décident alors de déjeuner au buffet. On a ici une description du salon et une dénonciation des mondanités parisiennes que l'on voit dans l'exposition. Pour elles, cette expo est un prétexte de défilé de mode. Le peintre dans cette page pose un regard d'artiste sur cette foule.

I) Un tableau impressionniste.
II) Une satire caricaturale.
III) Un récit dynamique et visionnaire.


I) Un tableau impressionniste.

La serre ici, est symbolique du mouvement impressionniste car il y a la fois la nature et un atelier. Toute la scène est vue par Claude.

a) Impressions.

Il n'y a pas de vision, mais plutôt une impression => « Claude ne voyait rien ».
Proposition « mais » qui marque une espèce de rupture avec la description précédente.
Les contours ont disparu, il n'y a plus de lignes, et on a une impression de flou.
Les couleurs paraissent indistincte et sont floues.
Allitération en « r ».
L'usage des pluriels contribue aussi à ce flou « les robes », « ... »
Les hommes apparaissent comme une masse compacte et sombre, à la différence des femmes qui se détachent par leurs couleurs vives.

b) Détails typiquement impressionnistes.

Certains détails se détachent de la masse « la pointe des bottines », « la plume du chapeau », « un regard noir », « un marbre », « un bronze », « un moineau » qui mange des miettes de pain => référence au peintre Zeuxis ? (Parce que sa peinture était si parfaite, que disait-on, des oiseaux venaient manger les grains de raisins, si réels, si bien dessinés.
Ces détails apparaissent comme des grains de lumières.

c) Jeu de lumière de l'impressionnisme.

Lumière omniprésente associé à l'onde (vague).
Vocabulaire aquatique. La métaphore aquatique se poursuit avec « gouttes d'or » tandis que l'eau des arrosoirs devient « fumée tiède ».
Zola semble utiliser les sciences physiques.
C'est l'impression colorée, lumineuse (jeux de clair/obscure) qui domine.
Contraste des couleurs « sable jaune des allées », « pelouse tendres ».

II) Une satire caricaturale.

Le romancier se substitue au regard du peintre. Utilisation « on » qui nous incluse dans ce regard.

a) Une image de la société.

Société du XIXe siècle avec opposition hommes/femmes.
Chaque sexe a des préoccupations différentes :
- les hommes font semblant de s'intéresser aux ½uvres exposées et se laisse entraîner passivement.
- les femmes, elles, se préoccupent des toilettes, elles installent un salon (la majuscule disparaît quand on parle de ce salon là).
La curiosité mondaine est plus importante que la curiosité esthétique.
Zola critique les gens venant voir ces tableaux.
Il y a une espèce de solidarité masculine qui s'oppose à la fausse complicité féminine.
Elles deviennent « amies » mais seulement pour « rire d'autrui ».
Dans cette masse, Zola isole certains personnages, quelques types sociaux, individualisés => article indéfini : « une actrice », « un monsieur », « un gros monsieur », « un homme blême »...

b) Des sous-entendus.

Zola, à la manière d'un journaliste évoque des silhouettes, quelques « noms célèbres » dit-il.
« Le prince époux » : Napoléon III
« L'impératrice Eugénie » : femme Napoléon III
« L'actrice » : Nana
« Eugène Rougon » : gros monsieur.
Le fait d'être anonyme renforce l'effet caricatural de dénonciation.

c) La caricature.

Ce ne sont pas des portraits complets, ce sont juste des esquisses.
Zola retient les traits caractéristiques de la personne et les grossit.
Le désordre de cet expo répond sans doute au négligé de la morale.
Le poète au nom ailé est très caricaturale « plat face » => représente le mouvement romantique.

d) Le règne de l'apparence.

Les gens viennent se montrer et Zola ici, dénonce le contraste entre l'apparence et la réalité, et veut dénoncer les fausses « illustrations ».
L'actrice a des allures de reine tandis que les mondaines ont des allures de gueuses.
L'homme célèbre n'est qu'un « gros monsieur mal mis » et le poète a tout d'un vulgaire portier.
C'est un public imbu (très fier) de lui-même.
Le romancier naturaliste, est ici outré parce que cette bourgeoisie bien pensante a critiqué ces ½uvres « d'ordure ».
Zola ne fait que leur tendre un miroir.
Ce qui est intéressant, c'est que cela se passe dans une serre, on s'aperçoit alors que cette serre sert de laboratoire scientifique pour le roman expérimental.

III) Un récit dynamique et visionnaire.

a) Le mouvement général du passage.

Le regard a le mouvement d'une caméra.
En effet, Zola commence par un mouvement horizontal, il y a des travellings, des panoramiques, des zooms.
Puis il y a un mouvement vertical « une onde vivante » (montée) puis « il plut » (descente).
Dans la même phrase, Zola enchaîne les mouvements ascendants et descendant comme pour montrer la continuité, puis la pluie se métamorphose en « fumée » (montée), « moineau » (descente).

b) Le mouvement de la foule.

Le mouvement de l'eau et les verbes utilisés dans le texte sont assez contradictoires et évoquent le mouvement alternatif des vagues.
Imparfait employé : « stationnait », « se remettait en marche », « s'arrêtait »...
Il y a une succession de petits tableaux.
On a l'impression d'une histoire dans la description :
2 amis ensemble => femme solitaire => d'autres qui s'étaient perdus => elles se retrouvent.
Alternance.
On a une suite d'instantané.
Zola va se passionner pour la photo. Il a recourt à l'asyndète, à la para texte.

c) Une vision.

Il y a la brusque apparition du soleil dans cette serre qui agit comme révélateur.
On pourrait même parler d'apocalypse.
Il y a une tonalité religieuse « les vitres hautes », « vitrail », le soleil tombe et s'enflamme => vision apocalyptique.
Les voies elles mêmes semblent « pétiller comme une claire flambée de serment ».
Destruction solaire.
Destruction de ce monde vain, fait d'apparence, de ce monde de second empire qui va bientôt être détruit.
Mais pour le moment, il pleut de l'or.
On est au crépuscule : « soleil couchant ».


Conclusion : Cette page illustre les différentes facettes de la création de Zola. On peut parler de tableau impressionniste. On remarque une technique descriptive qui cherche à transcrire en littérature des procédés de la peinture. C'est logique puisque là, on a la vision d'un peintre sur la serre. Les personnages qui ont critiqué les peintres de Plein Air se trouvent modèles des toiles de ce groupement. Si on a une verve (façon de parler) satirique c'est parce que Zola dénonce les illusions d'une société individualiste, d'une société travaillée par des appétits égoïstes qui ne laissent que de miettes aux faibles. Cette société est celle d'une société toujours en mouvement qui ne sait pas où s'arrêter.
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# Posté le dimanche 03 mai 2009 12:01