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# Posté le dimanche 07 juin 2009 07:59

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Objet d'étude : Supplément au voyage de Bougainville, Diderot.


 Bougainville est un explorateur qui rédigea ses aventures. Suite à ce succès, Diderot en écrira la suite.
 Deux personnages :
- A : supposé avoir lu Bougainville.
- B : ne l'ayant pas lu.
 Ce dialogue oppose deux façons de penser et soulève le problème du colonialisme.
 Cette œuvre célèbre la vie sauvage par rapport à l'homme civilisé qui est dénigré.
 Ici, l'extrait est le discours d'un vieillard qui se présente comme indiffèrent au départ des blancs. Il s'adresse à Bougainville et à ses compagnons.
 Alternance entre « nous » et « tu » qui désigne Bougainville.
 La critique passe par tout un vocabulaire de la cruauté.

Plan :

I) La critique du comportement européen.
II) L'éloge de la vie naturelle.
III) Une éloquence persuasive.


I) La critique du comportement européen.

a) La cruauté, la destruction, la violence.

 Ces 3 notions sont mises en relief tout le long du texte.
 CL comportant verbes, noms, adjectifs : « égorger », « assujettir », « servirez », « funeste avenir »...
 Il utilise ce CL car il permet au narrateur de tracer un tableau extrêmement réaliste, un tableau critique du comportement des européens, un tableau de l'avenir malheureux des Tahitiens.
 Par ce CL, il y a une mise en accusation catégorique des attitudes colonisatrices.

b) L'immortalité.

 Elle est exposée à travers un vocabulaire qui souligne l'absence des respects, des règles courantes, de la morale.
 Ils sont « ambitieux », « vices », « corrompus » <= désignent moralité colonisateurs.
 Allusions répétées sur le caractère méprisant.
 Ces européens sont constamment malhonnêtes, hypocrites, intolérants, possessifs, aucun respect de l'être humain, de leur façon de penser.

c) L'injustice.

 Le vieillard met en évidence l'intrusion des notions de possession.
 Création de besoins nouveaux, artificiels.
 Notion de « factices ».
 Ces besoins font apparaître une hiérarchie jusque là inexistante.
 On a ici une dénonciation de ces méfaits :
- l'inégalité.
- Les besoins nouveaux.
- La cruauté.
 Ces méfaits sont douloureux à ceux qui y subisse mais sont également nocif pour ceux qui les exerce.
 La civilisation est présentée comme une véritable calamité car associé aux « vices », aux « extravagances », à la « violence », à l'injustice.
 Le vieillard décrit les européens de manière péjorative : « vils », « corrompus »...
 La critique va au-delà de la critique colonialiste.
 Et elle fait apparaître les comportements dits civilisés dictés par une organisation sociale inégalitaire, injuste.

II) L'éloge de la vie naturelle.

 Célébration de la vie naturelle sans contraintes sociales.
 Le vieillard met en relief l'innocence et le bonheur.

a) L'innocence et le bonheur.

 « Nous sommes innocents », « nous sommes heureux ».
 Cette innocence repose sur la non propriété : absence de rivalité, de violence.
 L'idée d'innocence est également exprimée à travers les moeurs l.42.
 Ils sont ignorants et c'est cette ignorance qui fait leur sagesse.

b) La liberté et la tolérance.

 Affirmation de la liberté qui se fait de manière catégorique « nous sommes libres ».
 Refus, dégoût de l'esclavage.
 Volonté, capacité à lutter pour cette liberté.
 Il a la certitude que le respect de la liberté pour soi est aussi respect de la liberté d'autrui qui conduit à l'expression de la tolérance.
 Il y a une série de questions rhétoriques l.31, 38.
 Cette série de questions montre que les tahitiens ont respecté les européens au départ l.41.
 Insistance sur le respect et la compréhension des autres.

c) La simplicité d'une existence naturelle.

 Le vieux insiste sur l'absence de superflu, sur une vie simple, limitée aux besoins les plus immédiat l.45, 46.
 L'absence de superflu est soulignée à plusieurs reprises.
 Mise en valeur de la vie simple qui elle ne connaît ni les entraves, ni les contraintes de la vie civilisée.

III) Une éloquence persuasive.

 Efficacité du discours.
 Procédé oratoire pour marquer le lecteur.

a) Les changements d'interlocuteur.

 Ils apparaissent très nettement et sont soulignés par le changement de personne « vous », « eux », « nous », « tu »...
 Dans cette 2ème partie, on observe la reprise d'une même structure.
 On a un constat positif de la vie des Tahitiens qui s'oppose immédiatement à un constat négatif chez les occidentaux.
 Ce changement de personnes souligne le passage d'un groupe à l'autre.

b) Symétrie, chiasme.

 Les symétries crée des balancements, des rapprochements, des oppositions.
 L. 24, construction en chiasme.
 « elle...tes...tu...elle... »
 L.22 : opposition libre/esclavage.
 L. 33 « ce pays est à nous ».
 Symétrie l.33
 L.33+35/ l.38.
 Le vieillard joue sur le jeu des hypothèses, il imagine que ses interlocuteurs sont inversés.
 L'irréel du présent suggère que le comportement des colonisateurs est inacceptable.*

c) Les interrogatives oratoires.

 Le vieillard interpelle l'auditoire.
 Il met en exergue le comportement des colonisateurs et celui des tahitiens.
 Il fait appel à son imagination ainsi qu'à l'évidence.


Conclusion : Cet ouvrage est type du siècle des Lumières car il y a de la curiosité, de l'exactitude, du goût de l'aventure et de la tolérance. Ce texte dénonce la société colonisatrice, la société immorale, violente et on retrouve ici l'esprit des Lumières : combattre pour la liberté, la tolérance et l'égalité.
Diderot rejoint les pensées de Rousseau et propose une morale sociale et une réflexion qui hante et s'inscrit au XVIIIe siècle.
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# Posté le mardi 09 juin 2009 13:40